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Cuba – Missouri
« Avant on mettait plus de huit jours non stop pour rejoindre Los Angeles. La Route 66, c’était dangereux et plein de pièges. Maintenant avec l’autoroute, c’est fait en moins de 4 jours… »
Roy
Extrait du Beau-Livre SUR LA ROUTE 66 – carnets de voyage (La Martinière éditions)
Cuba (Missouri). 40°C à l’ombre. 14 heures. Estomacs vides et gosiers secs. Arrêt obligé. Le soleil de plomb ne ménage pas les organismes. Nous garons les motos à proximité du centre-ville supposé de la localité de Cuba. Pas un chat dans les rues. Restaurants fermés. Nous descendons le long de la « Main Street of America » (« la rue principale d’Amérique ») – l’un des surnoms de la route 66 – en quête d’un burger et d’une boisson raffraîchisante. Tandis que Christophe le photographe s’attarde devant des vitrines et des peintures murales dédiées à la « Soixante-Six », je musarde. Je m’arrête devant une drôle de maison dont le jardin ressemble à une casse de voitures. D’emblée, Joe vient à ma rencontre et me présente ses « trésors ». Des vieilles bagnoles (trois) et une Harley-Davidson de 1983. Discussions à bâtons rompus sur les voitures, l’automobile, la route 66, le passé, le présent… Christophe nous rejoints. Séance photo improvisée devant sa maison. Joe est fier de poser pour les Frenchies. Premier portrait dans la boîte. Première rencontre. Premiers réels échanges. Une Amérique étonnante va dès lors se révéler à nous… (SD)
Photographie de Christophe GERAL
A la sortie de Carthage (Missouri) sur la Route 66. Le drive-in (ou « ciné-parc » dans la langue de Molière) désigne un genre de salle de cinéma bien spécial. Un type de salle apparue en 1933 dans lequel les spectateurs visionnent un film de cinéma tout en restant assis dans leur voiture. Le concept du drive-in peut également s’appliquer à la restauration et à la banque. Le drive-in se différencie du drive-through (ou drive-thru) très en vogue désormais dans les chaînes de restauration. A l’inverse d’un drive-in ou le client (roi) est servi et mange dans sa voiture, celui d’un drive-thru attend son tour en file indienne et commande son repas qu’il déguste généralement ailleurs que dans sa voiture. Dans les pays non anglophones (comme la France), la terminologie drive-in est souvent utilisée par abus de langage alors que le service s’apparente stricto sensu à un drive-thru. Quant aux drive-in (ou « ciné-parcs » historiques) aux Etats-Unis, ils sont de moins en moins nombreux (moins de 500 aujourd’hui). Alors très populaires le long de la Route 66, les drive-in demeurent cependant l’un des traits les plus symboliques de la culture américaine des années d’après-guerre (SD)
Photographie de Christophe GERAL
Bien plus que des motocyclettes américaines à la silhouette inimitable ! Bien plus que le nom d’un fabricant basé à Milwaukee dans le Wisconsin aux Etats-Unis ! Bien plus qu’une chanson fredonnée par Brigitte Bardot ! Harley-Davidson, ce sont d’abord des grosses cylindrées avec une sonorité particulière. Harley-Davidson, c’est également un art de rouler. « Et même, un art de vivre… », selon les puristes. « C’est une autre façon de parcourir la Route 66 et de partir à la rencontre de ses étonnants habitants » rajoutera Christophe Géral, photographe-motard pendant notre périple, durant lequel nous ne croiserons sur la route qu’une dizaine de motos japonaises. « C’est dire si Harley est ancrée dans la culture américaine », complétera Olivier, notre compagnon de route. La filiation de cette marque de motos « born in the USA » (« nées aux Etats-Unis d’Amérique) et la Route 66 est donc totale. Les Harley sont d’ailleurs taillées pour un tel parcours. De surcroît, le cinéma, comme dans le film Easy Riders, achèvera de construire définitivement cette filiation entre une route et une marque de motos. La légende deviendra un mythe au point que Route 66 et Harley-Davidson se confondent aujourd’hui … (SD)
Photographie de Christophe GERAL
Station-service Phillips 66 « à l’ancienne » (Missouri). Phillips 66 est une marque d’essence puis de stations-services. Fondée dans l’Oklahoma en 1917 sous l’appellation de Phillips Petroleum Company, cette entreprise va s’acoquiner avec la route 66. C’est, en effet, après le test d’un carburant sur la route 66 en 1927, et parce que ce carburant fonctionnait alors jusqu’à 66 miles à l’heure (soit 106 km/h) (une prouesse alors !) – que les dirigeants de cette société ont l’idée prémonitoire d’appeler leur nouveau carburant : « Phillips 66 ». S’en suivra la création d’une première station service « Phillips 66 » en 1927 dans le Kansas puis à Mac Lean au Texas avant que la marque « Phillips 66 » ne « prolifère » le long de la route devenue légendaire. Si le rouge, le blanc et le noir habillent son identité visuelle depuis 1959, le premier logo était de couleur orange et noir (Cf. ci-contre). Autre preuve du « jumelage » entre la Route 66 et cette société pétrolière : la forme de leur logo. Le logo Phillips 66 en forme de blason (ou de bouclier) fait référence à celui historique de la Route 66. (SD)
Photographie de Christophe GERAL
Old chain of Rock Bridge à quelques encablure de Saint Louis (Missouri). Un pont métallique coudé, enjambant le Mississippi, qu’empruntait jadis la route 66. Cet ouvrage long de 1 600 mètres a été ouvert à la circulation en 1926. Signe particulier de ce pont : un virage à 45 degrés qui causa de nombreux accidents de la circulation. A noter que son milieu marque la « frontière » entre l’Etat de l’Illinois et celui du Missouri. Aujourd’hui fermé à la circulation, ce « drôle de pont » est désormais emprunté par les touristes et les cyclistes. C’est également un lieu privilégie pour contempler les eaux tumultueuses et les berges verdoyantes du Mississipi ou admirer au loin l’arche de St Louis. (SD)
Photographie de Christophe GERAL
Saint-Louis (en anglais Saint Louis abrévié St. Louis). Ville principale de l’état du Missouri traversée par la route 66. Cette cité, nommée en hommage au roi Louis IX de France, compte aujourd’hui plus de 2,8 millions d’habitants. Ses origines françaises remontent à sa fondation en 1764 juste au sud du confluent des fleuves Missouri et Mississippi. Rendue par les Espagnols à la France et son empereur, Napoléon Bonaparte la vendit finalement aux États-Unis en 1803. Surnommée la « porte de l’Ouest » (Gateway to the West), un ouvrage architectural rend hommage depuis 1965 au rôle phare de cette ville dans l’expansion vers l’Ouest des Etats-Unis. Dorénavant, cette arche est devenue l’icône de St. Louis et de ses habitants. (SD)
Tailler la route. Avaler kilomètres après kilomètres – ou plutôt miles après miles. Surveiller l’état de la chaussée. Jeter un coup d’œil constant sur l’itinéraire. Deux écoles : le GPS ou la bonne vieille carte à l’ancienne pliée, repliée, déchirée et annotée. Sur le bitume, les journées de plus en plus chaude s’enchaînent. La Route 66 se révèle. Le départ pluvieux de Chicago paraît bien lointain. Trois Etats déjà traversés : l’Illinois, le Missouri, le Kansas. Les paysages défilent tout comme les enseignes de motels ou les pancartes routières. Concernant ces dernières, elles sont parfois déroutantes pour l’Européen habitué à un fléchage de qualité. Il faut alors rester vigilant, surtout sur les Interstate (les autoroutes US) quand voitures et surtout camions déboulent à « toutes blindes » et qu’il faut tourner inopinément. La sérénité revient alors en empruntant un tronçon de la Route 66 à l’ancienne. Soit deux voies séparées par deux traits jaunes. La route devient alors plus sinueuse et bosselée. Elle épouse le paysage et le relief plus qu’elle ne le rabote. Nez au vent, la « Soixante-Six » nous chante alors sa ritournelle. Sauvage, citadine et terriblement rock’n'roll…
Stéphane DUGAST à Tulsa (Oklahoma)
Photographie de Christophe GERAL

« SUR LA ROUTE 66 – Carnets de voyage », c’est le titre d’un Beau-Livre à paraître en librairie à l’automne 2011. C’est également le fruit d’une aventure initiée par ESCEM PRO sur une route du monde mythique : l’US 66.
La route de l’écrivain John Steinbeck et de ses Raisins de la Colère, la route des vacances, du blues et de l’Amérique conquérante du vingtième siècle. Le 11 novembre 2011, la « Soixante-Six » va fêter ses 85 années d’existence. Axe routier octogénaire devenu légendaire, la Route 66 n’en a pas fini d’étonner les amoureux des voyages et des grands espaces…
EN LIBRAIRIE // SUR LA ROUTE 66 – Carnets de voyage. Photographies Christophe GERAL Récit Stéphane DUGAST Introduction Philippe LABRO (La Martinière éditions).


