DESTINATION

« SUR LA ROUTE 66 - Carnets de voyage », c'est le titre d'un Beau-Livre en librairie depuis le 15 septembre dernier.

C'est également le fruit d'une aventure initiée par ESCEM PRO sur une route du monde mythique : l'US 66. La route de l'écrivain John Steinbeck et de ses Raisins de la Colère, la route des vacances, du blues et de l'Amérique conquérante du vingtième siècle.

Le 11 novembre dernier, la "Soixante-Six" a fêté ses 85 années d'existence. Axe routier octogénaire devenu légendaire, la Route 66 n'en a pas fini d'étonner les amoureux des voyages et des grands espaces...

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Roy-le-garagiste
Cuba – Missouri

« Avant on mettait plus de huit jours non stop pour rejoindre Los Angeles. La Route 66, c’était dangereux et plein de pièges. Maintenant avec l’autoroute, c’est fait en moins de 4 jours… »
Roy

Extrait du Beau-Livre SUR LA ROUTE 66 – carnets de voyage (La Martinière éditions)

SUR LE VIF

30août

Cuba (Missouri). 40°C à l’ombre. 14 heures. Estomacs vides et gosiers secs. Arrêt obligé. Le soleil de plomb ne ménage pas les organismes. Nous garons les motos à proximité du centre-ville supposé de la localité de Cuba. Pas un chat dans les rues. Restaurants fermés. Nous descendons le long de la « Main Street of America » (« la rue principale d’Amérique ») – l’un des surnoms de la route 66 – en quête d’un burger et d’une boisson raffraîchisante. Tandis que Christophe le photographe s’attarde devant des vitrines et des peintures murales dédiées à la « Soixante-Six », je musarde. Je m’arrête devant une drôle de maison dont le jardin ressemble à une casse de voitures. D’emblée, Joe vient à ma rencontre et me présente ses « trésors ». Des vieilles bagnoles (trois) et une Harley-Davidson de 1983. Discussions à bâtons rompus sur les voitures, l’automobile, la route 66, le passé, le présent… Christophe nous rejoints. Séance photo improvisée devant sa maison. Joe est fier de poser pour les Frenchies. Premier portrait dans la boîte. Première rencontre. Premiers réels échanges. Une Amérique étonnante va dès lors se révéler à nous… (SD)

EN VOITURE

30août
Photographie de Christophe GERAL
 

A la sortie de Carthage (Missouri) sur la Route 66. Le drive-in (ou « ciné-parc » dans la langue de Molière) désigne un genre de salle de cinéma bien spécial. Un type de salle apparue en 1933 dans lequel les spectateurs visionnent un film de cinéma tout en restant assis dans leur voiture. Le concept du drive-in peut également s’appliquer à la restauration et à la banque. Le drive-in se différencie du drive-through (ou drive-thru) très en vogue désormais dans les chaînes de restauration. A l’inverse d’un drive-in ou le client (roi) est servi et mange dans sa voiture, celui d’un drive-thru attend son tour en file indienne et commande son repas qu’il déguste généralement ailleurs que dans sa voiture. Dans les pays non anglophones (comme la France), la terminologie drive-in est souvent utilisée par abus de langage alors que le service s’apparente stricto sensu à un drive-thru. Quant aux drive-in (ou « ciné-parcs » historiques) aux Etats-Unis, ils sont de moins en moins nombreux (moins de 500 aujourd’hui). Alors très populaires le long de la Route 66, les drive-in demeurent cependant l’un des traits les plus symboliques de la culture américaine des années d’après-guerre (SD)

DE l’ART DE ROULER

28août
Photographie de Christophe GERAL

Bien plus que des motocyclettes américaines à la silhouette inimitable ! Bien plus que le nom d’un fabricant basé à Milwaukee dans le Wisconsin aux Etats-Unis ! Bien plus qu’une chanson fredonnée par Brigitte Bardot ! Harley-Davidson, ce sont d’abord des grosses cylindrées avec une sonorité particulière. Harley-Davidson, c’est également un art de rouler. « Et même, un art de vivre… », selon les puristes. « C’est une autre façon de parcourir la Route 66 et de partir à la rencontre de ses étonnants habitants » rajoutera Christophe Géral, photographe-motard pendant notre périple, durant lequel nous ne croiserons sur la route qu’une dizaine de motos japonaises. « C’est dire si Harley est ancrée dans la culture américaine », complétera Olivier, notre compagnon de route. La filiation de cette marque de motos « born in the USA » (« nées aux Etats-Unis d’Amérique) et la Route 66 est donc totale. Les Harley sont d’ailleurs taillées pour un tel parcours. De surcroît, le cinéma, comme dans le film Easy Riders, achèvera de construire définitivement cette filiation entre une route et une marque de motos. La légende deviendra un mythe au point que Route 66 et Harley-Davidson se confondent aujourd’hui …  (SD)

A VOS MARQUES !

28août
Photographie de Christophe GERAL

Station-service Phillips 66 « à l’ancienne »  (Missouri). Phillips 66 est une marque d’essence puis de stations-services. Fondée dans l’Oklahoma en 1917 sous l’appellation de Phillips Petroleum Company, cette entreprise va s’acoquiner avec la route 66. C’est, en effet, après le test d’un carburant sur la route 66 en 1927, et parce que ce carburant fonctionnait alors jusqu’à 66 miles à l’heure (soit 106 km/h) (une prouesse alors !) – que les dirigeants de cette société ont l’idée prémonitoire d’appeler leur nouveau carburant : « Phillips 66 ». S’en suivra la création d’une première station service « Phillips 66 » en 1927 dans le Kansas puis à Mac Lean au Texas avant que la marque « Phillips 66 » ne « prolifère » le long de la route devenue légendaire. Si le rouge, le blanc et le noir habillent son identité visuelle depuis 1959, le premier logo était de couleur orange et noir (Cf. ci-contre). Autre preuve du « jumelage » entre la Route 66 et cette société pétrolière : la forme de leur logo. Le logo Phillips 66 en forme de blason (ou de bouclier) fait référence à celui historique de la Route 66. (SD)

DROLE DE PONT

27août

Photographie de Christophe GERAL

Old chain of Rock Bridge à quelques encablure de Saint Louis (Missouri). Un pont métallique coudé, enjambant le Mississippi, qu’empruntait jadis la route 66. Cet ouvrage long de 1 600 mètres a été ouvert à la circulation en 1926. Signe particulier de ce pont : un virage à 45 degrés qui causa de nombreux accidents de la circulation. A noter que son milieu marque la « frontière » entre l’Etat de l’Illinois et celui du Missouri. Aujourd’hui fermé à la circulation, ce « drôle de pont » est désormais emprunté par les touristes et les cyclistes. C’est également un lieu privilégie pour contempler les eaux tumultueuses et les berges verdoyantes du  Mississipi ou admirer au loin l’arche de St Louis. (SD)

LA PORTE DE L’OUEST

27août

Photographie de Christophe GERAL


Saint-Louis (en anglais Saint Louis abrévié St. Louis). Ville principale de l’état du Missouri traversée par la route 66. Cette cité, nommée en hommage au roi Louis IX de France, compte aujourd’hui plus de 2,8 millions d’habitants. Ses origines françaises remontent à sa fondation en 1764 juste au sud du confluent des fleuves Missouri et Mississippi. Rendue par les Espagnols à la France et son empereur, Napoléon Bonaparte la vendit finalement aux États-Unis en 1803. Surnommée la « porte de l’Ouest » (Gateway to the West), un ouvrage architectural rend hommage depuis 1965 au rôle phare de cette ville dans l’expansion vers l’Ouest des Etats-Unis. Dorénavant, cette arche est devenue l’icône de St. Louis et de ses habitants. (SD)

ECHOS DU MISSOURI

09août

De Saint Louis, ville phare de l’Etat du Missouri, nous n’allons finalement avoir qu’un bref aperçu. Car, c’est après bien des tours et des détours que nous allons finalement parvenir à dénicher le point de vue idéal pour immortaliser le Gateway Arch. C’est sur la rive d’en face, celle située dans l’Etat de l’Illinois, qu’un observatoire flambant neuf a été spécialement conçu à cet effet. Pourtant aucune signalétique n’indique sa présence dans la vaste friche industrielle que nous avons inlassablement sillonnée. C’est le hasard et la logique qui nous y a mené.

L’arche photographiée sous toutes les coutures, nous décidons de nous rendre à un monument voisin emblématique l’Old chain of Rock Bridge ainsi baptisé en raison d’une série de rochers traversant le Mississipi de bout en bout et provoquant des rapides lorsque son niveau est bas. Un pont coudé métallique, enjambant le Mississippi, qu’empruntait jadis tout automobiliste de la Route 66. Long de 1  632 mètres et large de 7 mètres, cet ouvrage atypique a été ouvert à la circulation en 1936 afin d’éviter aux automobilistes le centre-ville de Saint Louis trop congestionné. Soucieux de trouver un compromis idéal entre le sous-sol rocheux, les difficultés de navigation et le débit puissant du fleuve, ses concepteurs vont faire incurver le pont en son milieu en provoquant ainsi un angle de 22°.

A l’usage, cette trouvaille architecturale va s’avérer dangereuse et causer de nombreux accidents de la circulation, valant ainsi à la « Soixante-Six » une mauvaise réputation. Celle d’une « route sanglante » (Bloody road) ou d’une « route tueuse » (Killer road) Jugé trop dangeureux, Old Chain of Rock Bridge sera définitivement fermé à la circulation en 1967. Abandonné, il ne sera que récemment réhabilité et ouvert à la circulation des cyclistes et des piétons. Depuis ce drôle de pont, le panorama est magique. Sous nos yeux s’étale les eaux tumultueuses du Mississipi et ses berges verdoyantes.

Au loin le sommet argenté de l’arche de St Louis est repérable. Nouvelles rafales de clichés. Le fleuve aux eaux limoneuses en apparence si tranquille m’intrigue. Un panneau d’information judicieusement placé va me rafraîchir la mémoire. Long de 3 780 kilomètres, ce fleuve coule du nord du Minnesota jusqu’au golfe du Mexique en suivant une orientation méridienne. Seul l’un de ses affluents, le Missouri, est plus long que lui en Amérique du Nord. La longueur cumulée de ces deux cours d’eau, dépassant les 6 800 km et leur superficie conséquente en font « l’un des plus longs systèmes fluviaux de la planète ». De l’art des superlatifs toujours ! Pour les Amérindiens qui l’appelaient Meschacebé, (« père des eaux »), le Mississippi était déjà une voie de navigation vitale. Aujourd’hui encore, le fleuve reste un élément fondamental de l’économie et de la culture américaines. En retournant vers nos motos garées dans l’Illinois, je ne peux m’empêcher de penser à l’écrivain Mark Twain, ses écrits célébrant le Mississipi, le Missouri, les aventures épiques de Tom Sawyer ou de Huckleberry Finn si envoûtantes et que j’ai dévorées enfant. Nous n’aurons pas le temps d’en savoir plus.

Bientôt midi, il nous faut filer et rejoindre la « Soixante-Six » dont nous retrouverons sans peine la trace de l’autre côté de la rive. C’est désormais sur les routes du Missouri que nous roulons (…) 

Extrait du Beau-Livre  SUR LA ROUTE 66 – Carnets de voyage (La Martinière) à paraître en septembre 2011

TAILLER LA ROUTE

08août

Tailler la route. Avaler kilomètres après kilomètres – ou plutôt miles après miles.  Surveiller l’état de la chaussée. Jeter un coup d’œil constant sur l’itinéraire. Deux écoles : le GPS ou la bonne vieille carte à l’ancienne pliée, repliée, déchirée et annotée. Sur le bitume, les journées de plus en plus chaude s’enchaînent. La Route 66 se révèle. Le départ pluvieux de Chicago paraît bien lointain. Trois Etats déjà traversés : l’Illinois, le Missouri, le Kansas. Les paysages défilent tout comme les enseignes de motels ou les pancartes routières. Concernant ces dernières, elles sont parfois déroutantes pour l’Européen habitué à un fléchage de qualité. Il faut alors rester vigilant, surtout sur les Interstate (les autoroutes US) quand voitures et surtout camions déboulent à « toutes blindes » et qu’il faut tourner inopinément. La sérénité revient alors en empruntant un tronçon de la Route 66 à l’ancienne. Soit deux voies séparées par deux traits jaunes. La route devient alors plus sinueuse et bosselée. Elle épouse le paysage et le relief plus qu’elle ne le rabote. Nez au vent, la « Soixante-Six » nous chante alors sa ritournelle. Sauvage, citadine et terriblement rock’n'roll…

Stéphane DUGAST à Tulsa (Oklahoma)
Photographie de Christophe GERAL

MODE D’EMPLOI

28juil

 Sur la Route 66 / Californie
« SUR LA ROUTE 66 – Carnets de voyage », c’est le titre d’un Beau-Livre à paraître en librairie à l’automne 2011. C’est également le fruit d’une aventure initiée par ESCEM PRO sur une route du monde mythique : l’US 66.

La route de l’écrivain John Steinbeck et de ses Raisins de la Colère, la route des vacances, du blues et de l’Amérique conquérante du vingtième siècle. Le 11 novembre 2011, la « Soixante-Six » va fêter ses 85 années d’existence. Axe routier octogénaire devenu légendaire, la Route 66 n’en a pas fini d’étonner les amoureux des voyages et des grands espaces…

EN LIBRAIRIE // SUR LA ROUTE 66 – Carnets de voyage. Photographies  Christophe GERAL Récit Stéphane DUGAST Introduction Philippe LABRO (La Martinière éditions).