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Photographie de Christophe GERAL
Dans la localité de Joliet (Illinois) traversée par la Route 66, le cinéma est roi. En arrivant depuis Chicago et sa banlieue interminable, impossible de rater les deux figurines perchées sur le toit d’un marchand de glaces. Au-dessus de nos têtes, les deux protagonistes du long-métrage The Blues Brothers (1980) dansent. Ou plutôt Jake et Elwood Blues twistent. L’occasion de nous rappeler que The Blues Brothers est le nom du groupe de blues, composé des comédiens Dan Aykroyd (Elwood), John Belushi (Jake) et de quelques-uns des plus grands de la musique soul ainsi que le titre du film (devenu culte) dans lequel tous jouent. (SD)
Photographie de Christophe GERAL
Situé dans l’état de l’Illinois, la prison de Joliet a été un centre correctionnel de 1858 à 2002. Accueillant jusqu’à 1 300 détenus au début des années 1990, ce centre pénitencier a été fermé en 2002 pour des raisons financières et à cause de la vétusté des bâtiments. Auparavant, la prison de Joliet a cependant connu son heure de gloire sur grand écran puisque c’est du centre correctionnel de Joliet que l’un des deux protagonistes du long-métrage (devenu culte) The Blues Brothers (1980) est libéré. Joliet et sa prison figurent également dans le film Let’s go to prison (2006) ainsi que dans la première saison de la série TV Prison Break (2005). (SD)
Centre-ville à la verticalité vertigineuse, Chicago a d’abord été un point de passage obligé pour les Amérindiens, les explorateurs ou les missionnaires, en transit entre le Canada et le bassin du Mississipi. (…) D’un poste permanent pour le commerce des fourrures à une ville industrielle tour à tour florissante, déclinante et désormais tournée vers les technologies de pointe, Chicago va connaître un incroyable essor économique et démographique durant la révolution industrielle. En octobre 1871 survient un sinistre qui va transformer durablement l’urbanisme de la ville. Le « grand incendie de Chicago » (Great Chicago Fire) va faire des centaines de victimes et surtout anéantir son centre-ville. A cause des vents forts soufflant du sud-ouest, de la multiplication de bâtiments construits en bois ainsi que la présence de bois et de charbon entreposé le long des rivières, l’incendie se propage rapidement vers le centre-ville. Eglises, maisons, hôtels, grands magasins, opéra… Lors de son passage dans Downtown Chicago, le feu détruit tout sur son passage. 120 kilomètres de route, 190 kilomètres de trottoirs, 2 000 lampadaires, 17 500 bâtiments et 222 millions de dollars (soit un tiers de sa valeur foncière) vont ainsi disparaître en fumée. Un tiers des 300 000 habitants se retrouve sans abri. Sur les ruines encore fumantes, hommes d’affaires et spéculateurs fonciers vont pourtant décider de la reconstruction de leur ville. Tel un Phénix, Chicago va renaître de ses cendres, et ainsi vite prospérer au point d’accueillir, 22 ans plus tard, plus de 21 millions de visiteurs lors de l’exposition universelle qu’elle organisera.
Stéphane DUGAST
Photographie de Christophe GERAL
Extrait de SUR LA ROUTE 66 – Carnets de voyage (La Martinière éditions)
CHICAGO / Illinois. Vue depuis le 98ème étage du second plus haut gratte-ciel de la ville. Le début de notre odyssée.
Arpenter les rues de Chicago, c’est sentir l’Histoire de la ville et ses soubresauts. Sans moto pour l’instant, c’est à pied puis depuis une vedette pour touristes que nous avons fait connaissance avec la ville-départ de la Route 66. L’immersion est totale. Afin de profiter du coucher du soleil, nous décidons de prendre de la hauteur. Au quatre-vingt quinzième étage du John Hancock Center, familièrement appelé « Big John » par ses habitants, la vue est imprenable. A 314 mètres d’altitude, nous admirons à l’envi Chicago et son interminable banlieue baignée par une douce lumière estivale. La contemplation est silencieuse, seulement troublé par les commentaires en japonais de mes voisins bavards et émerveillés. Situé au numéro 875 de Michigan avenue, Big John interpelle notamment du fait de sa silhouette singulière culminant officiellement à 344 mètres. « C’est le quatrième building le plus élevé la ville après l’ex Sear Tower devenue la Willis Tower, la Trump Tower et l’Aon Center. C’est le sixième plus haut gratte-ciel d’Amérique. Le second si on compte ses antennes et le vingt-et-unième de part le monde. Lors de l’achèvement de sa construction en 1969, il était l’un des plus hauts immeubles du monde », nous commente l’un des serveurs du bar-restaurant où nous nous sommes installés. Au pays de l’oncle Sam, on aime visiblement les superlatifs, les statistiques et les comparaisons.
Extrait de SUR LA ROUTE 66 – Carnets de voyage (La Martinière éditions)
Tailler la route. Avaler kilomètres après kilomètres – ou plutôt miles après miles. Surveiller l’état de la chaussée. Jeter un coup d’œil constant sur l’itinéraire. Deux écoles : le GPS ou la bonne vieille carte à l’ancienne pliée, repliée, déchirée et annotée. Sur le bitume, les journées de plus en plus chaude s’enchaînent. La Route 66 se révèle. Le départ pluvieux de Chicago paraît bien lointain. Trois Etats déjà traversés : l’Illinois, le Missouri, le Kansas. Les paysages défilent tout comme les enseignes de motels ou les pancartes routières. Concernant ces dernières, elles sont parfois déroutantes pour l’Européen habitué à un fléchage de qualité. Il faut alors rester vigilant, surtout sur les Interstate (les autoroutes US) quand voitures et surtout camions déboulent à « toutes blindes » et qu’il faut tourner inopinément. La sérénité revient alors en empruntant un tronçon de la Route 66 à l’ancienne. Soit deux voies séparées par deux traits jaunes. La route devient alors plus sinueuse et bosselée. Elle épouse le paysage et le relief plus qu’elle ne le rabote. Nez au vent, la « Soixante-Six » nous chante alors sa ritournelle. Sauvage, citadine et terriblement rock’n'roll…
Stéphane DUGAST à Tulsa (Oklahoma)
Photographie de Christophe GERAL
Arrivée sans encombres dans la «cité du vent». Bienvenue à Chicago. «You’re Here. We’re glad» («Vous êtes là. Nous sommes contents») annonce d’ailleurs pompeusement les tracts publicitaires touristiques. Pas de doute, nous sommes ici et nous sommes également heureux ! Depuis l’hôtel contigu à l’aéroport O’Hare, premiers pas dans la troisième plus grande ville des Etats-Unis, appartenant à l’Etat de l’Illinois. Situé sur la rive sud-ouest du lac Michigan, un des grands Lacs de l’Amérique du Nord, Chicago est la plus grande ville de la région du Middle West. Aujourd’hui – décalage horaire digéré (?) – visite de la ville puis récupération des motos pour les conducteurs. Ciel gris ce matin. Météo capricieuse. Il pleut sur Chicago. Pas de quoi néanmoins entamer notre moral. La vraie aventure démarre enfin…
Stéphane DUGAST à Chicago (Illinois)
Photographie de Christophe GERAL

« SUR LA ROUTE 66 – Carnets de voyage », c’est le titre d’un Beau-Livre à paraître en librairie à l’automne 2011. C’est également le fruit d’une aventure initiée par ESCEM PRO sur une route du monde mythique : l’US 66.
La route de l’écrivain John Steinbeck et de ses Raisins de la Colère, la route des vacances, du blues et de l’Amérique conquérante du vingtième siècle. Le 11 novembre 2011, la « Soixante-Six » va fêter ses 85 années d’existence. Axe routier octogénaire devenu légendaire, la Route 66 n’en a pas fini d’étonner les amoureux des voyages et des grands espaces…
EN LIBRAIRIE // SUR LA ROUTE 66 – Carnets de voyage. Photographies Christophe GERAL Récit Stéphane DUGAST Introduction Philippe LABRO (La Martinière éditions).


