Posts Tagged ‘cinema’
C’est aujourd’hui les 85 ans de la Route 66 ! Lancée officiellement le 11 novembre 1926, l’US 66 se confond avec l’Histoire des Etats-Unis d’Amérique. Extraits de l’Historique que j’ai écrit dans notre ouvrage intitulé SUR LA ROUTE 66 – carnets de voyage paru aux éditions de la Martinière. Une Histoire singulière. Et étonnante ?
« Imaginée dès sa conception comme une « voie expresse », la Route 66 va d’emblée symboliser la liberté sans précédent de voyager à travers l’Ouest américain.
Née sous l’impulsion d’entrepreneurs dynamiques de la trempe d’un dénommé Cyrus Avery dans l’Oklahoma, l’idée originelle consistait à relier par un seule et même axe routier Chicago à Los Angeles afin de faciliter les échanges surtout commerciaux.
Si d’autres routes connecteront l’Est et l’Ouest, elles suivront chacune un parcours plus linéaire et, surtout elles tiendront à l’écart les communautés rurales, celles du cœur des Etats-Unis souvent laissées pour compte du progrès.
Dès sa construction, la « Soixante-Six » va ainsi s’avérer utile au développement économique d’un pays au point de devenir rapidement une artère vitale, ce qui lui vaudra d’ailleurs d’être habilement appelée par ses promoteurs comme la « Rue principale d’Amérique (Main street of America).
La Route 66 va dès lors épouser l’Histoire d’une jeune nation, une histoire rythmée en ce début de vingtième siècle par de nombreux soubresauts.
A commencer par la « Grande dépression » suivi d’un autre épisode tragique survenu en 1934 : le Dust bowl.
Cette série de tempêtes de poussières va pousser des centaines de milliers d’habitants du Middle west, cœur agricole du pays, à fuir leurs terres et emprunter la « Soixante-Six » pour tenter d’atteindre un Eden : la Californie. Ce drame inspirera à John Steinbeck un roman magistral : « Les Raisins de la colère » (The Grapes of Wrath) paru en 1939.(…)
La Route 66 va pourtant être victime du progrès et en quelque sorte de son succès. « Deux-voies » trop étroite, trop sinueuse pour abolir les distances et trop fréquentée, la « Route-mère » devient la « Route tueuse », la « Route dévoreuse » et la source de tous les maux.
Impressionné par le réseau autoroutier allemand, le président Eisenhower décide au milieu des années 1950 de la mise en place d’un réseau d’autoroutes plus larges, plus sûres et plus sécurisées à travers tout le pays.
Si la Route 66 parait condamnée, elle continuera néanmoins d’être empruntée et vénérée par des générations de voyageurs sûrement un brin nostalgiques des « années glorieuses ».
Axe routier chargé de symboles, la « Soixante-Six » nourrit en effet l’imaginaire de tout voyageur, tout en participant à la représentation que chacun se fait des Etats-Unis. Celle d’un pays conquis par des pionniers, progressant coûte que coûte, vaille que vaille vers l’Ouest attirés par les rumeurs de richesses.
1984 à Williams dans l’Arizona, le dernier tronçon original est contourné par l’Interstate 40. Rayée des cartes routières et définitivement déclassée en 1985, la Route 66 n’est plus.
D’innombrables villes fantômes vont ainsi naître sur la « Route-Mère », délaissée et abandonnée. C’était sans compter sur la ferveur et l’opiniâtreté d’irréductibles passionnés qui tel un Phénix vont faire renaître la « Soixante-Six » de ses cendres.
Leur entreprise sera d’abord modeste. Ils planteront d’abord des panneaux signalant les portions de la « vieille route » afin de capter l’attention des voyageurs et les guider.
En fédérant leurs énergies, ils alerteront ensuite les autorités fédérales quant à la réhabilitation de cette pièce phare du patrimoine de l’Amérique. Route à fort patrimoine « génétique », l’empreinte de la « Soixante-Six » est selon eux indélébile.
« La Route 66 est éternelle. Personne ne pourra la détruire », prédisent d’ailleurs ses farouches partisans et ardents défenseurs.
Si cette voie de communication n’est évidemment plus ce qu’elle était pendant ses années glorieuses, surtout à l’approche des grandes villes et de leurs périphériques où la Route 66 a été littéralement avalée, de nombreux tronçons subsistent.
Mieux ses forts pouvoirs évocateurs demeurent. En témoignent les nombreux vestiges continuant de peupler cet axe routier chargé de symboles, les multiples opérations de réhabilitation et les touristes toujours plus nombreux.
Des voyageurs, venus du monde entier, pour palper à leur tour un morceau du rêve américain »
Stéphane DUGAST
Photographies de Christophe GERAL

Séance photo dans le bureau de Philippe Labro. Derrière l’objectif : Christophe Géral.
RDV ce soir sur FRANCE 5 à 21h30 pour un film-document dédié à celui qui a emprunté la Route 66 en 1954 à 19 ans et qui nous a fait l’honneur de signer l’Introduction de notre ouvrage : Philippe Labro.
Le premier opus de la cinquième saison de la collection Empreintes, diffusé sur France 5, suit ce soir Philippe Labro sur les lieux de son enfance, à Montauban, mais aussi aux Etats-Unis, où il fit ses études. L’homme aux milles et une facettes revient sur les épisodes marquants de sa vie : sa vocation de journaliste, sa carrière de cinéaste et d’écrivain, sa dépression et sa passion pour le grand Ouest.
A REGARDER //
VENDREDI 23 SEPTEMBRE 2011 À 21.30 (INÉDIT)
Rediffusion DIMANCHE 25 SEPTEMBRE 2011 À 08.05
Tous les passionnés vous le diront, Harley Davidson, c’est bien plus qu’une marque centenaire de motocyclettes, c’est un art de vivre. De l’aveu de motards avertis, c’est même un mythe.
Ce mythe, les motards le font vivre en roulant, à la ville comme à la campagne, sur leurs grosses cylindrées au design inimitable et à la sonorité caractéristique, ou lors d’un voyage initiatique sur la mythique Route 66.
De surcroît, le cinéma, comme dans le film Easy Riders, achèvera de construire définitivement cette filiation entre une route et une marque de motos.
La légende deviendra un mythe au point que Route 66 et Harley Davidson se confondent aujourd’hui.
Stéphane DUGAST
Photographie Christophe Géral
Journaliste, cinéaste, romancier, parolier… Philippe Labro est une figure du paysage audiovisuel français depuis plus de 5 décennies. Fin connaisseur des Etats-Unis d’Amérique, il nous a fait l’honneur de signer l’introduction du livre Sur la Route 66 – carnets de voyages, en librairie le 15 septembre. Présentations…
A l’âge de 18 ans, Philippe Labro part étudier aux Etats-Unis, un pays qu’il sillonnera d’Est en Ouest. De retour en France, il devient journaliste et enchaîne les collaborations. Europe 1, France Soir, Paris Match, TF1, Antenne 2 (dont il présente le journal télévisé de 13 heures de 1982 à 1983), RTL (dont il dirige les programmes à partir de 1985 pour ensuite devenir le vice-président jusqu’en 2000), Direct 8 (dont il est le co-fondateur en 2005), chronique hebdomadaire – « le Regard » – dans le Figaro depuis 2008…
Journaliste de renom, Philippe Labro est également un romancier talentueux (20 ouvrages), un auteur de chansons à succès (notamment pour Johnny Hallyday) et un cinéaste reconnu (7 longs-métrages). De cette personnalité aux milles et une facettes, on dit qu’il n’en finit pas d’aimer de saisir le monde à la ligne près. Philippe Labro ou la passion d’informer et de raconter.
Photographie DR
Journaliste, présentateur de l’émission TV « Enquête exclusive » sur M6 et patron de la société de production Ligne de front, Bernard de la Villardière est un patron de presse, un homme de terrain et le parrain de l’aventure Sur la Route 66 initiée par ESCEM PRO. En fin connaisseur de l’Amérique, il raconte son ressenti quant à notre odyssée sur celle que l’écrivain John Steinbeck avait surnommé la « Route-Mère ».
« Pénétrer sur le sol américain c’est poser le pied dans un gigantesque décor de cinéma. La Route 66 comme le reste est à la hauteur de nos fantasmes. On s’y perd comme autrefois dans le Grand Ouest dans la brume et la broussaille. J’ai franchi ses collines arides, ses villages fantômes, ses champs de tirs et ses voies ferrées abandonnées à la recherche des indiens de mon enfance.

Parti d’Albuquerque, je me suis perdu à quelques kilomètres de Window Rock. Un sioux peu aimable m’a indiqué la route. Mais je suis rentré bredouille. Le président de la nation Navajo m’avait posé un lapin. Un mythe s’effondrait. Je me suis vengé au contact d’un vieux cow-boy qui m’a ouvert sa collection de Winchester. J’ai ensuite fait pénitence en écoutant « Pocahontas » et « Southern Man» de Neil Young, l’indien blanc. L’été suivant, j’ai failli perdre mes enfants dans les dunes du désert de Mojave. Il fallait bien qu’il mérite la baignade à Santa Monica !
A Los Angeles, j’ai rencontré des orphelins du rêve américain détenus dans une des plus grande prison US d’où l’on ne voit que des carrés de ciel. Dans les faubourgs de Chicago, un noir sexagénaire m’a raconté – comme une bonne farce – les circonstances dans lesquels il avait été extrait du couloir de la mort. « But I love my country, I love America » fut sa conclusion. Placide mais pas résigné.
On trouve de tout aux USA. Tout et son contraire. Mais, d’où qu’on vienne, la Route 66 se vit comme un retour aux sources. Aussi sûr que l’on passe sa vie à refaire le voyage de son enfance »
Photographie de Christophe GERAL
A la sortie de Carthage (Missouri) sur la Route 66. Le drive-in (ou « ciné-parc » dans la langue de Molière) désigne un genre de salle de cinéma bien spécial. Un type de salle apparue en 1933 dans lequel les spectateurs visionnent un film de cinéma tout en restant assis dans leur voiture. Le concept du drive-in peut également s’appliquer à la restauration et à la banque. Le drive-in se différencie du drive-through (ou drive-thru) très en vogue désormais dans les chaînes de restauration. A l’inverse d’un drive-in ou le client (roi) est servi et mange dans sa voiture, celui d’un drive-thru attend son tour en file indienne et commande son repas qu’il déguste généralement ailleurs que dans sa voiture. Dans les pays non anglophones (comme la France), la terminologie drive-in est souvent utilisée par abus de langage alors que le service s’apparente stricto sensu à un drive-thru. Quant aux drive-in (ou « ciné-parcs » historiques) aux Etats-Unis, ils sont de moins en moins nombreux (moins de 500 aujourd’hui). Alors très populaires le long de la Route 66, les drive-in demeurent cependant l’un des traits les plus symboliques de la culture américaine des années d’après-guerre (SD)
Photographie de Christophe GERAL
Dans la localité de Joliet (Illinois) traversée par la Route 66, le cinéma est roi. En arrivant depuis Chicago et sa banlieue interminable, impossible de rater les deux figurines perchées sur le toit d’un marchand de glaces. Au-dessus de nos têtes, les deux protagonistes du long-métrage The Blues Brothers (1980) dansent. Ou plutôt Jake et Elwood Blues twistent. L’occasion de nous rappeler que The Blues Brothers est le nom du groupe de blues, composé des comédiens Dan Aykroyd (Elwood), John Belushi (Jake) et de quelques-uns des plus grands de la musique soul ainsi que le titre du film (devenu culte) dans lequel tous jouent. (SD)
Photographie de Christophe GERAL
Situé dans l’état de l’Illinois, la prison de Joliet a été un centre correctionnel de 1858 à 2002. Accueillant jusqu’à 1 300 détenus au début des années 1990, ce centre pénitencier a été fermé en 2002 pour des raisons financières et à cause de la vétusté des bâtiments. Auparavant, la prison de Joliet a cependant connu son heure de gloire sur grand écran puisque c’est du centre correctionnel de Joliet que l’un des deux protagonistes du long-métrage (devenu culte) The Blues Brothers (1980) est libéré. Joliet et sa prison figurent également dans le film Let’s go to prison (2006) ainsi que dans la première saison de la série TV Prison Break (2005). (SD)
Rob KIRBY
«Cow-boy» à Williams (Arizona)
Au milieu des nappes à carreaux vertes et blanches, un client moustachu intrigue. Stetson vissé sur le crâne, chemise en coton épais, jeans et santiags avec éperons, l’homme entretient le cliché. Un cow-boy à Williams ! L’image est trop « kitsch ». Tandis que nous tergiversons, « notre » cow-boy s’engouffre dans… sa voiture. Rendez-vous raté ! Retour dans les rues colorées et photogéniques de cette localité baptisée ainsi en l’honneur d’un trappeur dénommé Williams, tombé sous le charme de la région au point de s’y établir. Nos flâneries nous mènent tout logiquement à un musée dédié à la ligne de chemin de fer desservant le Grand canyon, abritant comme souvent une boutique de souvenirs savamment achalandée. A Williams, la matinée va paresseusement s’étirer au point que nous décidons à l’unanimité d’y déjeuner. Read more



